Et si je parlais un peu plus avec “Je” ?
Le “je” au lieu du “tu”. Qu’est-ce que ça change ?
« Tu ne m’écoutes jamais. »
« Tu pourrais quand même faire un effort. »
« Tu fais toujours tout de travers. »
« Tu ne comprends rien. »
Nous avons tous déjà prononcé ce genre de phrases.
Et parfois, quelques minutes plus tard, la discussion s’est transformée en dispute… alors qu’au départ, nous voulions simplement être entendus.
Et si, parfois, une petite différence de formulation pouvait changer beaucoup de choses ?
« Tu… » ou « Je… » : ce n’est pas tout à fait la même chose
Quand je commence ma phrase par « tu », je parle de l’autre.
Je lui dis ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas, ce qu’il devrait faire ou ce que je pense qu’il ressent.
je le juge, je le critique.
Même lorsque ce que je dis est vrai à mes yeux, l’autre peut rapidement avoir l’impression d’être jugé, accusé ou mis en faute.
Alors naturellement, il se défend.
« Mais non, ce n’est pas vrai ! » « t’es jamais contente ! »
« Je ne fais pas ça ! »
« Et toi alors ? »
Et voilà comment une discussion peut rapidement devenir un match de ping-pong.
Avec « je », je reviens à moi
« Tu ne m’écoutes jamais. » peut devenir :« Je me sens peu écoutée en ce moment et j’aurais besoin que tu m’accordes un peu plus d’attention. »
« Tu fais tout de travers. » peut devenir :« J’ai besoin de me sentir épaulée, rassurée que tout est ok. »
« Tu pourrais quand même faire un effort ! » peut devenir : « J’aimerais que nous trouvions une autre façon de faire. »
« Tu es égoïste. » peut devenir :« Je me suis sentie seule dans cette situation. »
« Tu ne fais jamais attention à moi. » peut devenir :« J’aimerais me sentir davantage prise en compte. »
La situation n’a pas forcément changé. Mais ma place dans la conversation, oui.
Je ne suis plus en train d’expliquer à l’autre qui il est ou ce qu’il fait.
Je parle de ce que JE ressens, de ce que JE vis, de ce dont J’AI besoin ou de ce que JE souhaite.
Et pour moi, qu’est-ce que ça change ?
Parler avec « je » m’oblige parfois à faire une petite pause avant de répondre, pour ne pas sur-réagir, pour identifier clairement mon ressenti, pour comprendre mes réels besoins derrière mon émotion.
Qu’est-ce que je ressens réellement ?
Est-ce de la colère ?
De la tristesse ?
De la peur ?
De la déception ?
De la frustration ?
Et derrière cette émotion, qu’est-ce qui est important pour moi ?
Ai-je besoin d’être rassurée ?
Respectée ?
Écoutée ?
Considérée ?
Aidée ?
Ou simplement entendue ?
Ce petit retour vers moi peut déjà changer beaucoup de choses.
Parce que je quitte un instant le reproche pour revenir à mon expérience.
Et pour l’autre, ça change quoi ?
Lorsque je parle de moi plutôt que de définir l’autre, il y a souvent moins de raisons de se défendre.
L’autre peut, alors, entendre et comprendre ce que je vis sans avoir forcément l’impression que je remets en cause qui il est.
Il ne se sent pas attaqué et peut donc écouter ce que j’ai à dire.
Et cela ouvre davantage la porte au dialogue.
Mais parler avec « je » ne signifie pas tout accepter !
Dire « je », ne veut pas dire être gentille à tout prix, éviter les conflits ou ne jamais poser de limites.
Je peux tout à fait dire :
« Je ne suis pas d’accord. »
« Je ne veux pas de cette façon de faire. »
« Je ne me sens pas respectée et je préfère arrêter cette conversation maintenant. »
« J’ai besoin que cette limite soit entendue. »
Parler avec « je », ce n’est pas s’effacer. Au contraire !
C’est parfois prendre pleinement sa place.
Et mon corps dans tout ça ?
C’est peut-être là que cela devient intéressant pour se comprendre soi-même et changer sa façon de réagir.
Lorsque je me sens accusée, jugée ou attaquée, mon corps peut rapidement réagir : je me tends, je me ferme, je parle plus fort, mon cœur s’accélère, ma respiration change…
Et lorsque je suis moi-même dans le reproche, mon corps peut aussi se mettre en tension.
Faire une pause et revenir à « je » peut créer un petit espace.
- Un espace pour respirer.
- Un espace pour sentir ce qui se passe en moi.
- Un espace pour choisir mes mots plutôt que de simplement réagir.
Et parfois, c’est tout ce dont une conversation a besoin pour prendre une autre direction.
Alors, la prochaine fois…
La prochaine fois que vous vous entendrez commencer une phrase par « Tu… » essayez simplement de faire une petite pause.
Et demandez-vous :« Si je parlais de moi, qu’est-ce que je dirais ? »
Pas pour avoir toujours raison.
Pas pour éviter les désaccords.
Mais simplement pour apprendre à dire :« Voilà ce que je vis. Voilà ce que je ressens. Voilà ce qui est important pour moi. »
Parce qu’au fond, parler avec « je », c’est peut-être simplement revenir à soi pour mieux rencontrer l’autre.
Si vous aussi , vous traversez des tensions relationnelles répétées…
Que ce soit à la maison, au travail ou dans votre vie sociale, la réflexologie sensorielle peut vous aider à trouver l’espace pour apprendre à vous reconnecter à votre corps, à vos ressentis et à comprendre vos véritables besoins et vous permettre de retrouver une façon plus sereine de dialoguer.
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